Comment se vit la formation

L’envie d’une lettre puis plus consciemment le plaisir des mots, des phrases ; une reconnexion au plaisir d’écrire pour le plaisir, celui de jouer avec les mots, de les regarder s’associer, s’entremêler en phrases, en texte, se colorier des émotions qu’ils charrient, faire des culbutes parfois et se retrouver la majuscule à l’envers.

Le premier mot qui me vient est merci ! Merci de la bienveillance, de l’humour, de l’amour, du chat, du homard, de l’hospitalité, du sourire, de l’émotion, de l’ouverture, des bougies, du chocolat …

Merci du groupe, de ces éléments, bienveillance et compétences, qui permettent ce groupe ouvert, attentif et surtout infiniment respectueux.

Bref merci de créer ainsi cet enveloppement qui permet d’ouvrir ses portes intérieures, à la rencontre de soi-même.

Rencontre de moi-même… L’impression d’être une spéléologue partie à la découverte de mes galeries (galères aussi) intérieures ; ces sous-sols parfois en bon état (quand même !) mais aussi parfois envahis de boues, de poussières, et autres substances psychiques qui recouvrent les surfaces, camouflant les diamants, les pépites et autres brillances… Avec un karcher au jet modulable, tantôt doux, tantôt plus puissant, parfois même un peu violent, je nettoie, au fil de ces explorations, je découvre, je m’effraie ou m’émerveille, j’en pleure, j’en ris, j’en … fatigue parfois mais jamais trop longtemps. Diamant, rubis, émeraude, quartz rose ou blanc, ces brillances de toutes les couleurs de l’arc en ciel émergent à leur rythme. Du charbon aussi (carolo oblige !) bien noir et collant mais étape indispensable de la formation de diamants…

Je pensais avoir déjà beaucoup évolué, avancé. Je découvre au fil des weekend tout le chemin à parcourir, toutes les blessures encore bien ouvertes et parfois bien infectées, harmonisation encore bien imparfaite de l’horizontal et du vertical ; mais ces multiples découvertes se font dans la lumière. Amener ce qui est sombre ans la lumière ou amener la lumière là où il fait sombre. Peu importe le sens du mouvement, pourvu que la lumière soit !

Enfant blessé, (dés)équilibre masculin /féminin, jumeau, naissance, essence, … tant de rencontres intérieures déjà ! J’ai l’impression que faire un bilan est un peu absurde… C’est comme extraire une image d’un film, une image figée d’un mouvement continu. Comme tu le disais, en éternelle menteuse, à la fin du prochain paragraphe, le contenu du précédent aura déjà évolué, comme une "Barbamama" hyperkinétique, qui évolue et se modifie en permanence. Oui… C’est sans doute le mot qui représente le mieux mon ressenti de cette formation : mouvement… Mouvement permanent. A chaque module, entre chaque module, à chaque jour, je découvre, évolue, modifie, tant ma manière d’être, de me percevoir, de recevoir mes patients, de les percevoir aussi… Après chaque module, je me découvre, la même et un peu différente (je sors de chez le coiffeur, ça aide). Je sens que je vais vers plus de douceur, de féminin…Et puis non ! Définir une seule direction serait trop limitatif. J’intègre progressivement, vite et lentement… mais toujours profondément.

Dans ma pratique, tant de mouvement et de changements. Je constate avec émerveillement qu’après chaque module, ma pratique se modifie, s’enrichit, se nourrit des expériences et enseignements. Parfois un mot prononcé dans une relaxation, une image utilisée dans une visualisation que j’intègre dans une relaxation, parfois un élément théorique qui vient m’éclairer sur le vécu d’un patient, parfois une validation ou une meilleure compréhension d’un fonctionnement intuitif. Je me sens comme une éponge qui baigne dans un milieu nourrissant, absorbe, intègre et rend en y ayant ajouté ses molécules propres.

Bienveillance, amour, … comme fondement d’une pratique. Au début, il m’arrivait d’avoir les larmes aux yeux de l’émotion ressentie face à la beauté de l’autre derrière et dans sa souffrance parfois. Je ne m’en culpabilise plus… La connexion préalable que je ressentais qui ne m’apparaît plus comme un acte exagéré ou purement imaginé.

J’ose aussi tellement plus et les inconscients de mes patients le ressentent, me poussant beaucoup plus loin dans la créativité et l’adaptation. Co création vécue plus intensément.

Je me sens nourrie, nourrie de tous ces éléments, de ces théories nuancées, abordées comme des outils et non comme des vérités enfermantes, utilisées comme des panneaux indicateurs et non comme des routes droites qui renfermeraient -en la limitant- l’ensemble de la réalité.

Voilà, pour terminer, à nouveau merci ! Mais au moins maintenant, tu sais pourquoi ! Et j’y ajouterai cette reconnexion à l’écriture, après celle de l’expression théâtrale.

Un jour, j’ai promis à ma fille que j’écrirais un roman (en négociant peut-être une nouvelle). Cet « exercice » m’a replongée dans ce plaisir, oublié depuis longtemps, gratitude.

Voici comment se vit ma formation.